Čeština‎NederlandsEnglishFrançaisDeutschItalianoSlovenščinaEspañol
Retour vers le journal

17/7: Canino

Mardi 17/07: « Beaucoup de plaisir », ce sont les mots dits par le papa d’Alessandro au moment de mon départ ce matin.

Des mots en français, étonnamment retrouvés comme bien d’autres dans des souvenirs d’école datant de plus de 60 ans; des mots dits en me tenant les mains dans les siennes, avec dans le regard comme l’envie d’être à ma place; des mots qui me ramènent au présent et à la pensée positive; des mots qui me rappellent la chance que j’ai de pouvoir avoir le temps, les ressources et la santé pour faire ce tour.

Je centre donc ma journée sur le plaisir et la pensée positive. Non les nuages d’hier n’ont pas empêché la pleine recharge des batteries, ils laissent la place à une recharge en journée ; non la route SR2 empruntée dans l’autre sens en camionnette n’est pas un champ de mines, c’est un revêtement pour attester de la résistance du Trimobil; non, le coup de klaxon rageur n’a pas pour but de stresser, il est juste un moyen d’expression de sentiments; non le BNB n’est pas à perpet dans les campagnes à 5 km du village, il me rapproche juste de ma destination de demain; non 850 mètres de dénivelé positif, ce n’est pas trop, c’est juste bien.

Ce changement de pensée a été facilité d’une part par une bonne nuit réparatrice, et d’autre part par la chaleur humaine rencontrée cette journée. D’abord, le B&B que je quitte, qui, davantage qu’une chambre est un logement entier, n’a pas un hôte mais une famille d’accueil : le frère qui s’occupe de l’entrée, la sœur qui vient plusieurs fois vérifier les volets pendant l’orage, et les parents qui s’occupent du petit déjeuner et de la sortie; ensuite, la tablée voisine sur la terrasse dans la magnifique ville de Tuscania, qui s’intéresse, qui raconte à tous les arrivants, et qui rappelle la consigne « Enjoy your trip »; enfin, au village de Canino, après la gigantesque ferme photovoltaïque découverte tout-à-coup dans la colline, Bachisio, assis avec deux potes à la terrasse du bar où je bois un café, qui décide, en assignant aux deux autres de surveiller le vélo, de m’emmener au bout de la ville au seul supermarché ouvert avant 17h, avec, au retour, crochet dans le centre historique pour me montrer la statue de Lucien Bonaparte, deuxième frère de Napoléon et fait prince de Canino par le Pape, avant de m’escorter jusqu’au B&B où il refuse tout paiement, et toute photo…

Tous n’ont qu’un mot à la bouche : « Complimenti ! », confirmé, comme quoi tout arrive, par des automobilistes : il y a eu ce jour davantage des pouces levés que de coups de klaxons… E miracolo ! Ce soir, j’aurai, à la frontière entre le Latium et la Toscane, comme bruit de fond les cigales qui chantent dans les oliviers… Chanceux !

Poster un Commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifier de